Auteur Sujet: Essais très courte durée pas du tout objectifs, peut-être à lire tout de même !  (Lu 872 fois)

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En ligne Denis ZR-1

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 Il m'a semblé intéressant de vous faire partager un peu les émotions de cette après-midi de rêve que nous devons à Pierreno et qui nous a permis de rouler avec des voitures totalement inaccessibles pour la plupart d'entre-nous.

Il ne s'agit que d'avis parfaitement subjectifs, personnels et assumés après de très courtes prises en mains sur routes ouvertes, humides et froides.
Malgré toutes ces restrictions je pense que le tout premier contact avec une voiture de sport est riche d’enseignements et que les premières impressions se révèlent souvent exactes. Naturellement, il n’est pas question d’émettre un avis quelconque sur le comportement des freins, du moteur ou du châssis à moyennes et hautes vitesses et moins encore sur les aptitudes sur circuit.
Cependant, enchaîner ainsi les roulages au volant de telles icônes permet d’établir des comparaisons immédiates, non « polluées » par le temps passé et les émotions extérieures à l’essai.
En parlant d’émotions, je vous garantis que je n’ai pas été déçu, au lendemain de mon anniversaire, et que chaque minute de cette après-midi demeurera gravée dans ma mémoire !
Encore quelques précisions utiles pour ceux qui ne me connaissent pas ou peu. 65 ans dont environ 64 de passion automobile, quelques 200 véhicules divers essayés (jusqu’à la semi-remorque porte engins ou à l’off shore 1150 ch en passant par quelques monoplaces ou barquettes de course en « slicks », j’ai tous les permis sur terre et sur l’eau), une Corvette C4 ZR-1 430 ch sans aides électroniques qui m’emmène 4 à 5 fois par an sur les circuits et quelques écoles ou stages de pilotage divers il y a trèèèèès longtemps (j’ai même eu Jean-Pierre Jaussaud comme moniteur, vous savez le gars qui a gagné deux fois les 24 Heures du Mans au siècle dernier …).
Par ailleurs, la seule justification de l’existence d’une voiture-passion me semble être le plaisir que son propriétaire peut en retirer. Ceci pour expliquer mes positions sur les boîtes de vitesses, le niveau de performances pures, la vitesse de passage en virage, les turbocompresseurs ou le « son » d’un moteur.
 
Les chiffres ci-dessous ont été collectés sur le site de ZePerfs, une des meilleures, sinon la meilleure source de données fiables en ce domaine.
L’ordre des avis est celui, déterminé à l’avance par Extrem Cars, dans lequel j’ai pris le volant de ces automobiles d’exception.


Ferrari F 458 Speciale : Chef d’œuvre et point d’orgue d’une époque révolue ?

V8 4497 cm3, atmosphérique, 605 ch à 9000 tr/min, 1395 kg (2,3 kg/ch), boîte 7 robotisée, 325 km/h, 0 à 100 km/h 3,2 s

L’expérience aidant, il en faut beaucoup pour m’intimider en matière d’automobile. Pourtant, en m’installant dans le somptueux baquet de la 458 Speciale, dont j’ai été désigné comme premier conducteur, je ne nie pas un sentiment de respect envers le « mythe » Ferrari d’abord et également envers la fiche technique. Les 605 chevaux annoncés dépassent nettement les 500 ch d’une Lamborghini Gallardo première version ou les 512 chevaux d’une Corvette C6 Z06 que j’ai eu le plaisir d’essayer jusqu’à présent. L’habitacle est à la fois accueillant et sportif, avec un niveau de finition irréprochable, du moins au premier contact. Le moteur tourne déjà, pour mettre la mécanique en température en cette froide après-midi. Je règle, manuellement, le siège et trouve une position de conduite idéale. Mon moniteur/instructeur/passager et accessoirement, d’après ce que j’ai cru comprendre, patron d’Extrem Cars et donc propriétaire de la voiture s’installe et nous partons très prudemment en tête du convoi. Je n’ai aucune expérience des boîtes séquentielles à double embrayage mais je freine du pied gauche lorsqu’il n’y a pas de pédale d’embrayage depuis une trentaine d’années ! Je crois comprendre que cela inquiète quelque peu mon voisin de droite … J’essaie de le rassurer en lui explicant que cela n’a jamais posé de problème mais je ne suis pas certain de parvenir à le rasséréner totalement. La voiture est extrèmement large, mais pas beaucoup plus que la Corvette, la visibilité vers l’avant et sur les côtés est excellente, les rétroviseurs extérieurs sont efficaces, le rayon de braquage est bien meilleur que celui de la ZR-1, bref, je me sens « comme à la maison ». Les commandes sont d’une grande douceur, la suspension assure un confort de bon aloi, la boîte, en automatique à faible allure se fait oublier et le moteur ronronne d’aise dans notre dos sur un filet de gaz. La direction est simplement parfaite, tout comme les freins (même du pied gauche … mon voisin est désormais plus détendu !). Nous quittons l’agglomération, le rythme augmente – un peu – et me permet de jouer avec les palettes. Si on la laisse faire, la boîte passe en septième à un régime indescent par sa faiblesse mais le moteur ne proteste toujours pas ! Si j’avais une telle auto je crois que je passerais mon temps à monter et surtout à descendre les rapports rien que pour profiter du coup de gaz qui fait brièvement chanter le V8. Les temps de passage, qui semblent préoccuper les passionnés (mais pas moi, vous l’avez peut être déjà compris, quoi que la 8C …) sont quasi imperceptibles. Si vous « jouez » avec les palettes sans changer la position de la pédale d’accélérateur, la voiture continue de rouler à la même vitesse, sans aucun à-coup. Les quelques timides accélérations tentées, en automatique ou avec les palettes, font entrevoir un déferlement de puissance très prometteur, tandis que la Lotus qui nous suit devient immédiatement toute petite dans les rétroviseurs. Petit freinage – du pied gauche – pour reprendre un rythme plus politiquement correct mais néanmoins très frustrant et … les meilleures choses ayant une fin il va falloir abandonner cet engin extraordinaire sans avoir, ne serait-ce qu’une fois, entendu rugir cette mécanique « atmosphérique » à 9000 tr/min.
Il s’agit en effet de l’ultime V8 Ferrari non suralimenté, dont les 135 ch/l constituent un record. La F488 a depuis succombé aux sirènes du tout turbo. C’est sans doute cela qu’on appelle le progrès.

 
Renault Megane RS reprogrammée 300 chevaux : Reine de la polyvalence

L4 1998 cm3, turbo, 265 ch à 5500 tr/min (133 ch/l) (300 ch), 1394 kg (5,3 kg/ch), boîte 6 manuelle, 246 km/h, 0 à 100 km/h 6,3 s

La Mégane RS remplace l’Alfa Roméo 4C initialement prévue. Le « programme de passage » prévu m’en fait prendre le volant après la Ferrari : dur, dur pour la Renault. Evidemment nous ne sommes pas dans le même monde mais je n’ai jamais eu l’occasion d’essayer une Mégane. Malgré la mise en garde je cale au premier démarrage. Il n’y a aucun couple « en bas » et il faut impérativement accélérer pour « décoller » la voiture en conduite tranquille. Je retrouve avec plaisir une boîte six manuelle aux verrouillages agréables, assez peu sollicitée tant le moteur est « élastique » en conduite normale (excepté au démarrage …). Le turbo souffle fort et le deux litres pousse à tous les régimes. Le train avant est incapable de passer la puissance en seconde si on met le pied au plancher (je vous rappelle qu’il fait 3° et que la route est humide). La Mégane roule en dernière position et s’avère tout à fait capable de suivre les - timides - accélérations des quatre Supercars à condition d’accélérer à fond, ce qui est un vrai plaisir ! Tant il est frustrant de seulement caresser la pédale de droite sur les autres. Cette Mégane RS est d’une redoutable efficacité tout en restant parfaitement utilisable, confortable et incroyablement polyvalente. J’ai déjà eu l’occasion de me trouver sur circuit avec la ZR-1 en même temps que des Mégane RS … qui me tournent littéralement autour dans les parties sinueuses ! J’en entends au fond qui disent que ce n’est pas difficile mais j’ai également vu sur des petits circuits des C6 Z06 bien pilotées incapables de se débarrasser de ces insolentes bestioles.
 

Lotus Exige 350 S V6 : Sensations à tous les régimes

V6 3456 cm3, compresseur, 350 ch à 7000 tr (101 ch/l), 1176 kg (3,4 kg/ch), boîte 6 manuelle, 274 km/h, 0 à 100 km/h 4,3 s

Cette Exige est munie d’un énorme aileron qui ne laisse aucun doute sur ses intentions belliqueuses (esthétiquement j’apprécie moyennement). Première épreuve, parvenir à se glisser au volant. Le toit très bas et l’énorme ponton latéral se liguent contre le candidat conducteur, pardon, pilote pour lui montrer dès l’abord que l’on s’immisce dans une voiture de circuit homologuée pour la route et pas l’inverse. Le cockpit est réduit à une cellule de survie pour deux personnes, sans aucun emplacement pour déposer le moindre objet de première nécessité. Les possibilités de réglage en longueur du siège sans aucun rembourrage sont par contre très suffisantes pour moi qui aime conduire très reculé. Le ponton qui a tenté de m’empêcher de descendre à bord offre maintenant un agréable dégagement/accoudoir au bras gauche. J’ai oublié de préciser que cette fille d’Albion a le volant du bon côté : à gauche. Ici point d’écrans multiples remplaçant les instruments de bord ou de « configurateurs » électroniques modifiant instantanément tous les réglages sans vous demander votre avis. Il y a un compte tours sans zone rouge ou orange, vous êtes bien capables de savoir quel régime convient aux circonstances. Les aides électroniques … brillent par leur absence ! Au moins, pas de question à se poser pour savoir s’il faut déconnecter ceci ou cela ou durcir tel truc ou diminuer un peu telle assistance. La boîte six est manuelle, avec un embrayage et sans palettes au volant. Si ! Au point où nous en sommes je m’attendais presque à une boîte manuelle séquentielle à crabots style Quaife (je plaisante, mais ce type de boîte, quasiment inutilisable sur route, est incroyablement efficace sur circuit). Le haut du pare brise se situe désagréablement à hauteur de mes yeux mais je n’ai pas cherché si l’on pouvait baisser le siège. Il est fort possible que le baquet soit réglé volontairement haut pour ne pas trop surprendre les conducteurs peu habitués qui se succèdent au volant de cette Exige. Il m’a semblé que j’étais assis plus haut que dans celle de Master. Passons rapidement l’inutile chapitre finition/qualité perçue, nous ne sommes pas là pour ça !
Contact, moteur. On l’entend bien, même au ralenti. Première, décollage. Ah j’oubliais, volant minuscule et direction non assistée (encore un problème de moins au niveau réglage). Le 3,5 litres à compresseur (pas un turbo, un compresseur qui gave le moteur en permanence dès les plus bas régimes, sans le plus infime temps de latence) est « branché » directement sur la pédale d’accélérateur. Dans un bruit délicieusement infernal il vous catapulte en avant à la moindre pression. Vous appuyez, ça part, à vous de prendre vos responsabilités pour gérer les conséquences. La suspension, pourtant pas aidée par les baquets, n’est pas aussi inconfortable qu’on pourrait le croire. Les verrouillages de la boîte sont fermes mais précis et si vous supportez le niveau sonore du V6 le pilotage, même à basse vitesse, génère des sensations intenses. Malheureusement, un gros bémol vient à mon avis ternir le tableau. La direction hyper précise et dispensant un « toucher de route » parfait ne vous laissera pas un instant de répit. Une ligne droite n’est qu’une succession de corrections, certes légères, mais néanmoins aussi exaspérantes qu’inutiles.
Sortir de la voiture est encore plus compliqué que d’y entrer. J’ai tenté une technique consistant à s’asseoir sur le ponton, buste à l’extérieur, pour pivoter en suite et sortir les jambes. Je ne suis pas certain que ce soit la meilleure façon de procéder mais je me suis extrait, à regret, de cette attachante Lotus sans douleurs dorsales significatives.

 
Alfa Roméo 8C Competizione : Aston Martin transalpine

V8 4691 cm3, atmosphérique (origine Maserati), 450 ch à 7000 tr/min (96 ch/l), 1585 kg (3,5 kg/ch), boîte 6 robotisée, 296 km/h, 0 à 100 km/h 4,7 s

J’ai découvert la 8C au Salon de l’auto, pardon, au Mondial de Paris en 2006. Ce fut un véritable choc tant elle m’a plu au premier regard. Par la suite, je ne crois pas avoir croisé la route d’un des 39 exemplaires français (sur 500 seulement au total). Lorsque Pierreno a proposé cette magnifique sortie d’essais de supercars je me suis inscrit immédiatement … pour la 8C ! Evidemment, les « autres » m’intéressaient également un peu ...
La voilà. Elle est là et je vais la conduire ! L’accès est aisé et il y a un peu de place derrière les sièges pour quelques objets. L’intérieur est magnifique et les sièges sont somptueux. Rien à voir pourtant avec la Ferrari ou la Porsche. La seule « référence » qui me vient à l’esprit est Aston Martin. Une « classe » naturelle qui n’a pas besoin d’ostentation pour se faire valoir, une GT au dessus des contingences matérielles. Voilà. Je l’ai écrit : une GT. Les autres sont des sportives, l’Alfa n’a de « Competizione » que le nom. Cela se confirme immédiatement à la conduite. La boîte 6 pilotée est d’une lenteur affligeante. J’ai dit que la rapidité d’une boîte automatique ne m’intéressait pas mais il y a des limites à tout. Celle-ci est beaucoup plus lente que la boîte à convertisseur de ma Citroën ! Et il y a un vrai « trou » à l’accélération à chaque changement de rapport. Cela étant les 450 chevaux du V8 Maserati propulsent la 8C à presque 300 km/h et de 0 à 100 km/h en 4,7 secondes, des performances « suffisantes ».

 
Porsche 911 991 GT3 RS : Parfaite ? Probablement !

Flat 6 3996 cm3, atmosphérique, 500 ch à 8250 tr/min (125 ch/l), 1420 kg (2,8 kg/ch), boîte 7 robotisée PDK, 310 km/h, 0 à 100 km/h 3,5 s

GT3 RS, un sigle qui traverse les séries de « 911 » sans perdre une miette de son aura extraordinaire. Encore quelques années et Porsche pourra espérer s’approcher du GTO de Maranello. C’est bien une GT3 RS de dernière génération (991) que je vais avoir la chance de conduire. L’aileron arrière, aussi gigantesque que celui de la Lotus, me parait assez incongru sur une routière mais la RS est-elle vraiment une routière ? Cette version hyper affutée n’est-elle pas destinée au « gentleman driver » qui va l’emmener sur circuit sur plateau et user ses pneus slicks au cours d’une journée « open » puis reprendra sa Panamera ou son Cayenne le lundi matin ? L’envahissant arceau tubulaire de série semble confirmer cette hypothèse mais … le luxe omniprésent la dément immédiatement. Et ce ne sont pas les pièces en carbone, les éclairages de seuil du sigle GT3 (par ailleurs fort beaux et même utiles) ni les ridicules – j’assume - sangles rouges souples d’ouverture des portes qui donneront à cette RS (si mes souvenirs sont bons RS signifie quelque chose comme renn sport soit course sport, je n’ai jamais fait d’Allemand …) un semblant de « légitimité » sportive. Il me semble entendre la Lotus se gausser de cette Allemande de course qui prétend rouler sur ses plates bandes … ça y est, l’accumulation des émotions de cette après-midi magique provoque des hallucinations.
Démarrons pour chasser ces visions. La boîte est « extra terrestre ». En automatique, si l’on accélère seulement pour atteindre des vitesses tristement légales les sept rapports montent en un éclair. Seule l’aiguille virtuelle du compte tour est affectée d’un léger tremblement au passage de chaque vitesse, le moteur étant quasiment inaudible, bien que nous soyons en mode « clapets ouverts » selon le moniteur. Avec les palettes c’est presque pareil sauf que l’on peut tirer les régimes et rétrograder à la demande. On ne ressent aucune discontinuité, aussi infime soit-elle, dans l’allure de la voiture. Le « coup de gaz » au rétrogradage est inaudible, tant et si bien que je n’ai aucune envie de jouer avec les palettes comme sur la Ferrari. La voiture est d’une incroyable douceur, sauf la suspension, légèrement plus raide que sur une berline. A faible vitesse, les seules sensations ressenties au volant sont une grande quiétude et une belle impression de sécurité. Est-ce là l’essentiel pour une version extrême d’une sportive mythique ?
La moindre pression du pied droit (je freine toujours du pied gauche ce qui inquiète systématiquement mes instructeurs au début) laisse entrevoir les immenses possibilités du flat six de 500 chevaux … et la « tolérance » du système de contôle de trajectoire.
Cette fois c’est bien terminé. Nous sommes revenus à notre point de départ. Même les rêves ont une fin.
 
Ne comptez pas sur moi pour établir un impossible classement, même parfaitement subjectif, entre ces merveilles automobiles. Pour moi, la vraie surprise de ce mini road trip n’est pas l’incroyable niveau technique des concurrentes en présence mais bien leur étonnante diversité. Avec un « cahier des charges » presque commun aucune n’est réellement comparable à une autre. Et c’est sans doute très bien ainsi.
Je vais tout de même décerner une couronne à la … Megane RS ! Reine incontestable du rapport prix/plaisir. J’ai été très heureux de pouvoir essayer cette Renault presque « populaire », ne voyez rien de péjoratif dans ce qualificatif, car elle m’a permis de m’apercevoir qu’elle est aussi efficace, voire plus, dans 99 % des cas que nos quatre supercars. Le 1 % restant fait bien sûr toute la différence … de prix pour les passionnés !
 

« Le cœur a ses raisons que la raison ignore »
Blaise Pascal n’a pas connu nos Belles du jour mais je suis certain que ses Pensées seraient allées vers elles s’il avait eu la chance de les rencontrer.
 
Remarques liminaires et précautions oratoires :
Vous avez sans doute déjà compris en grande partie mes sentiments vis-à-vis de chacune des quatre merveilles dont nous avons eu la chance de prendre brièvement le volant.
Inutile de me jeter des pierres lors de nos prochaines rencontres suite à des remarques plus ou moins acerbes de ma part concernant votre ou vos « championne(s) ». D’une part parce qu’elles sont toutes absolument formidables et d’autre part parce que … cela ne me fera pas changer d’avis !
J’aimerais connaitre les impressions, même brêves, de mes chanceux camarades de jeux.
 
Sentiments, impressions, ressentis, avis et autres digressions parfaitement subjectifs :
 
Ferrari :
Un chef d’œuvre absolu, à tous points de vue. Je ne vois pas de point critiquable si l’on reste dans la rationalité. Mais je vous ai prévenu, pour moi une voiture-passion n’a que faire de la raison cartésienne. Donc j’aurai préféré une boîte manuelle avec une grille qui fait « ting » à chaque changement de rapport, un tableau de bord avec de « vrais » cadrans analogiques et … un douze cylindres !
 
Lotus :
Cette sportive « brute de décoffrage » est une machine à sensations. Le moteur, bien qu’intrinsèquement dépassé par les trois autres, est un vrai bonheur. La radicalité de cette bête de circuit serait acceptable si … tout cela n’était pas terni par la direction au comportement insupportable, à mon avis, en conduite « légale ».
 
Alfa Romeo :
La « classe » à l’état pur. Une GT distinguée et rarissime dont le charisme exceptionnel ne parvient pas à faire oublier une boîte de vitesses très pénalisante pour le plaisir de conduite. Mais qu’est-ce qu’elle est belle !
 
Porsche :
Elle est parfaite. Dommage ! Cette fausse sportive extrême est un vrai miracle de polyvalence. On la devine aussi à l’aise dans le Raidillon de l’Eau Rouge que sur les Champs Elysées un samedi soir. Et c’est bien là que se situe le problème. Le moteur est inaudible à régime d’utilisation normal, la qualité incroyable de la boîte gomme toutes sensations, les accélérations de fusée sont obtenues avec une facilité et une « linéarité » qui font apparaitre la Lotus comme une survivance du passé … ô combien plus passionnante à vivre.
Pour moi, perfection ne rime ni avec passion, ni avec sensations. Sur route à vitesse légale elle ne procure pas un plaisir au niveau de mes attentes en regard de son prix. Je me doute qu’il en est tout autrement sur circuit mais quelle est la proportion route/circuit des acheteurs ? 80%/20%, 90%/10%, 99%/1% ou 100%/0% ?
 
Pour terminer, provisoirement, avec laquelle serais-je reparti si on m’avait laissé faire le choix de mon cadeau d’anniversaire/Noël ?
Très probablement la Ferrari, parce que c’était elle, parce que c’était moi. Mais il se serait agi d’un déchirement cornélien avec cette diablesse de Lotus (vite, une direction « normale »).
 
Master avait ironisé sur le forum il y a quelques jours en prévoyant qu’il y aurait des voitures à vendre dès ce lundi consécutivement à ces essais.
Pour ma part, si j’avais les moyens de choisir l’une des quatre (ce qui n’est absolument pas le cas) à la condition expresse de n’avoir qu’elle comme voiture-passion, je n’en prendrais aucune pour ne pas me séparer de ma ZR-1. Je vous jure que je suis d’une sincérité absolue. Aucune de ces merveilles ne réunit toutes les qualités, parfois antagonistes, que je retrouve dans MA vieille Corvette.
Alors, elle n’est pas belle la vie ?  cheers
 



En ligne Matth28

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T es un chef denis!
Merci tucartone

En ligne Master

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  • Superbe compte rendu, un véritable plaisir à lire.

    Je vais tout de même décerner une couronne à la … Megane RS ! Reine incontestable du rapport prix/plaisir. J’ai été très heureux de pouvoir essayer cette Renault presque « populaire », ne voyez rien de péjoratif dans ce qualificatif, car elle m’a permis de m’apercevoir qu’elle est aussi efficace, voire plus, dans 99 % des cas que nos quatre supercars. Le 1 % restant fait bien sûr toute la différence … de prix pour les passionnés !

    Entièrement d'accord... Sur route ouverte, en toutes conditions, je vois mal une voiture avoir autant de performances et de polyvalence. Cette voiture est géniale !


    Pour terminer, provisoirement, avec laquelle serais-je reparti si on m’avait laissé faire le choix de mon cadeau d’anniversaire/Noël ?
    Très probablement la Ferrari, parce que c’était elle, parce que c’était moi. Mais il se serait agi d’un déchirement cornélien avec cette diablesse de Lotus (vite, une direction « normale »).

    Cette Speciale...  :love:

    Par contre c'est marrant le ressenti ! Personnellement je ne supporte pas une auto qui "roule tout droit" sans réagir aux petites aspérités sur la route. Un goût très personnel. :bD

    Le bilan sur la 911 ne m'étonne absolument pas. Mais quel dommage pour une version "RS" ...  O)P'

    Vraiment dommage pour la 4C cependant. Je pense que tu adorerais cette auto ! Beaucoup de points similaires à la Lotus avec une direction qui te plairait !

    Hors ligne OlivierB

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    Beau compte-rendu... maintenant la Speciale et surtout la GT3RS sont a essayer sur circuit et non sur routes humides a faible rythme....  la ZR1 est beaucoup mieux dans ces conditions c'est sur!
    Aucun interet en fait et surtout ce n'est pas objectif sur les qualites de ces voitures d'exception... 

    Hors ligne OlivierB

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    je rectifie...aucun interet : pas ton avis bien sur (Tu le dis toi meme subjectif et personnel) mais le fait d'essayer ce genre de voitures sur routes en hiver, temps pluvieux, basse temperature... cela aurait au moins du se terminer sur un circuit pour quelques tours et l'exploitation de regimes elevees....la ou une speciale ou RS montrent leur vrai visage!

    En ligne Thierry95

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    Superbe compte rendu :felicitations:
    Petite précision sur la boîte de la 8C.  Si elle se comporte comme celle de la Maserati 4200 elle se métamorphose complètement lorsque que l'on hausse le rythme en montant le moteur dans les tours. Mais il faut dépasser les 6000 tours....Sinon c'est lent.
    Je regrette vraiment de n'avoir pas pu être présent. ...la fête des lumières à Lyon est superbe aussi

    En ligne 10TROYES

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    Bravo Denis , tu as résumé ce que je suis incapable d'exprimer.
    Pour faire court : on ne peut pas tout faire et ce premier contact nous fait entrevoir le plaisir de conduire ( piloter je ne sais pas faire ) des engins extraordinaires.


    La Ferrari c'est le top , les quelques accélérations que j'ai pu faire m'ont confirmé que c'est le top.
    La Porsche c'est aussi une voiture d'une grande qualité et très agréable a conduire.
    La Lotus m'a enchanté et m'a rappelé la moto et les routes de Lettonie en camping car quand on est guidé par le profil du bitume déformé par les poids lourds, mais sans que ça me dérange avec la Lotus.
    L'Alpha ne m'a pas marqué , la RS je l'ai conduite quasiment au ralenti en fin de parcours mais je la trouve facile et agréable.


    En rentrant avec ma XK de nuit avec de la neige a travers la campagne par les petites routes...j'ai aimé son confort et l'impression de sécurité malgré les conditions météo.
    Bref ...Ferrari  F1]   Merci encore a Pierre et a Vdream.
    J'aime la nature, j'ai une voiture verte.

    Hors ligne Andromède

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    Tu es en forme denis ce n est plus un compte rendu tout ca c est enorme d:)

    On voit que tu as pris beaucoup de plaisir au volant de ces bolides, florian a retenu un mot de cette journee : MAGIQUE :D

    Hors ligne Pierreno

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    merci Denis de ce fabuleux compte rendu, heureux d'avoir pu vous faire découvrir ces merveilleux bolides bien que l’époque ne soit pas la plus judicieuse pour essayer des super-cars.
    mais je fais mon possible pour pouvoir réitérer la même sortie au printemps (et rester dans le même budget) avec plus de participants et donc plus de véhicules différents.
    le véritable but n'étant pas de faire des performances mais bien de pouvoir prendre en main les icônes  qui nous font rêver et cela sans nous embarquer dans des dépenses inconsidérées, sans limite d'age juste avec le permis et surtout sans caution.
    donc préparez vous a une seconde édition d'ici quelques mois et ne loupez pas la date d'inscription dès son annonce.
    Vdreamment vôtre
    pierreno   :drapeau: :drapeau: :drapeau:

    En ligne bruno350s

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    Toujours au top Denis ! C'est un vrai plaisir de te lire :Dd :D

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    Bon sang que c'est  bien écrit!!!
    Quel plaisir de lire ce récit. Top!



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     :bravo: Denis !  tucartone
    J'adore ta prose. On se sent imprégné, immergé dans cette journée magique. A 2 pas de chez moi mais au boulot ce jour là. Pierre, j'attends avec impatience la sortie 2018. Bravo pour cet évènement et merci pour le prochain !  :lL

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    Bon moi j'aimerais bien en savoir plus sur ce que tu reproches à la direction de l'exige !
    quel est donc ce comportement insupportable selon toi?  :what:
    est-ce l'extra précision qui caractérise le comportement de nos autos ou l'absence de direction assistée tout simplement ?  :siffleur:
    La 911 est la seule voiture avec laquelle on peut participer à un safari africain avant de disputer les 24 Heures du Mans, puis se rendre au théâtre et, enfin, circuler dans les rues de New York."